Compare commits
2 Commits
4209ee6bbc
...
7622eb3126
| Author | SHA1 | Date | |
|---|---|---|---|
| 7622eb3126 | |||
| 693aa19c87 |
21
poems/aube_nouvelle.txt
Normal file
21
poems/aube_nouvelle.txt
Normal file
@ -0,0 +1,21 @@
|
||||
L'Orée des jours
|
||||
|
||||
J'ai quitté la chrysalide où pourrissait l'ancien nous,
|
||||
laissé ma mue sécher aux ronces de novembre.
|
||||
La soie qui nous liait s'effiloche — et c'est doux,
|
||||
car on ne brûle bien qu'en dispersant ses cendres.
|
||||
|
||||
L'étiage de nos jours avait tari la source,
|
||||
mais sous le limon noir dormaient des eaux nouvelles.
|
||||
Je creuse dans l'absence et j'y trouve uneourse :
|
||||
le vide n'est qu'un puits qui attend ses margelles.
|
||||
|
||||
Regarde : à la lisière où finit ce qui fut,
|
||||
l'aurore pose ses doigts de vermeil sur les branches.
|
||||
Je suis le papillon qui ne sait plus son but,
|
||||
mais qui porte en ses ailes la promesse des dimanches.
|
||||
|
||||
Demain est une barque échouée sur la grève,
|
||||
il suffit d'une vague pour la rendre à la mer.
|
||||
Je hisse ce qui reste et j'en fais une trêve —
|
||||
le ressac emportera ce que j'ai de trop amer.
|
||||
36
poems/metamorphose.txt
Normal file
36
poems/metamorphose.txt
Normal file
@ -0,0 +1,36 @@
|
||||
Taille et Ressac
|
||||
|
||||
Au commencement il y eut la lumière oblique,
|
||||
deux regards qui se trouvent sur un rivage calme.
|
||||
J'aurais voulu pour elle devenir la relique,
|
||||
le solitaire au doigt, l'ancre au creux de sa paume.
|
||||
|
||||
J'étais heureux d'attendre que la marée décide,
|
||||
de me laisser polir par le sel et les heures.
|
||||
Qu'elle prenne son temps, que l'écume me guide,
|
||||
qu'elle fasse de mes angles un serment sans demeure.
|
||||
|
||||
Mais elle taillait la tuffe, habituée au sable,
|
||||
aux grains qui cèdent sous la vague et le courant.
|
||||
Elle croyait qu'un diamant pouvait être aimable,
|
||||
que l'amour s'use et s'arrondit comme un galet blanc.
|
||||
|
||||
Chaque éclat de voix fut un ressac de trop,
|
||||
chaque silence un fond marin où l'on s'égare.
|
||||
Elle voulait la bague, elle eut les abysses —
|
||||
on ne force pas la brillance sous l'eau qui s'effare.
|
||||
|
||||
J'aurais pu être l'anneau de toutes ses traversées,
|
||||
le phare à son doigt quand la nuit prend la barre.
|
||||
Mais on n'offre pas ses facettes aux marées,
|
||||
et le diamant se garde quand les vagues sont barbares.
|
||||
|
||||
Aujourd'hui mes éclats dorment sous le varech,
|
||||
loin des doigts impatients, loin des tempêtes tièdes.
|
||||
Un jour quelqu'un plongera qui connaît l'eau fraîche,
|
||||
qui sait que la beauté se mérite — et qu'on ne cède.
|
||||
|
||||
Et ce jour-là peut-être, je remonterai bague,
|
||||
portée par une main qui sait lire les fonds.
|
||||
Mais pour l'heure je brille, seul, sous les vagues —
|
||||
précieux même en miettes, même là où je me romps.
|
||||
18
poems/new_dawn.txt
Normal file
18
poems/new_dawn.txt
Normal file
@ -0,0 +1,18 @@
|
||||
The Light to Come
|
||||
|
||||
What we have lost still lives in what we build,
|
||||
and every empty hand waits to be filled.
|
||||
The sun does not remember yesterday —
|
||||
it rises anyway, it rises anyway.
|
||||
|
||||
---
|
||||
|
||||
Explication :
|
||||
|
||||
Ce poème parle de l'espoir comme force silencieuse et obstinée.
|
||||
|
||||
Le premier vers dit que nos pertes ne disparaissent pas — elles se transforment. Ce qu'on a perdu nourrit ce qu'on construit ensuite. Le deuil devient fondation.
|
||||
|
||||
Le deuxième vers inverse l'image du vide. Une main vide n'est pas un manque, c'est une attente. Elle est prête à recevoir.
|
||||
|
||||
Les deux derniers vers portent l'idée centrale : le soleil ne sait rien d'hier. Il n'a pas de mémoire, pas de rancune, pas de fatigue. Il se lève quand même. La répétition insiste — ce n'est pas un miracle, c'est un fait. L'avenir arrive, indifférent au passé. Et c'est précisément cette indifférence qui libère.
|
||||
21
poems/three_gorges_hope.txt
Normal file
21
poems/three_gorges_hope.txt
Normal file
@ -0,0 +1,21 @@
|
||||
The Dragon Sleeps
|
||||
|
||||
The river wore our sorrow like a crown,
|
||||
each spring it rose and drank our children down.
|
||||
We knelt before its muddy, ancient throne —
|
||||
a dragon fed on flesh and blood and bone.
|
||||
|
||||
Then we, the small, the fragile, dared to dream:
|
||||
to catch the monster's throat and hold its scream.
|
||||
We carved a wound of concrete in the gorge,
|
||||
and in that wound, a new world we would forge.
|
||||
|
||||
The dragon choked. It writhed. It learned to bow.
|
||||
Its fury spins in turbines, silent now.
|
||||
Where once it swallowed light, it gives it back —
|
||||
gold bleeding through the villages once black.
|
||||
|
||||
We tamed the god that ruled us for so long.
|
||||
Its heartbeat hums beneath us like a song.
|
||||
And children read by lamps where mothers wept,
|
||||
for we have woken now — the dragon sleeps.
|
||||
Loading…
Reference in New Issue
Block a user