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7622eb3126
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4209ee6bbc
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L'Orée des jours
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J'ai quitté la chrysalide où pourrissait l'ancien nous,
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laissé ma mue sécher aux ronces de novembre.
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La soie qui nous liait s'effiloche — et c'est doux,
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car on ne brûle bien qu'en dispersant ses cendres.
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L'étiage de nos jours avait tari la source,
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mais sous le limon noir dormaient des eaux nouvelles.
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Je creuse dans l'absence et j'y trouve uneourse :
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le vide n'est qu'un puits qui attend ses margelles.
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Regarde : à la lisière où finit ce qui fut,
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l'aurore pose ses doigts de vermeil sur les branches.
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Je suis le papillon qui ne sait plus son but,
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mais qui porte en ses ailes la promesse des dimanches.
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Demain est une barque échouée sur la grève,
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il suffit d'une vague pour la rendre à la mer.
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Je hisse ce qui reste et j'en fais une trêve —
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le ressac emportera ce que j'ai de trop amer.
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Taille et Ressac
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Au commencement il y eut la lumière oblique,
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deux regards qui se trouvent sur un rivage calme.
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J'aurais voulu pour elle devenir la relique,
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le solitaire au doigt, l'ancre au creux de sa paume.
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J'étais heureux d'attendre que la marée décide,
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de me laisser polir par le sel et les heures.
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Qu'elle prenne son temps, que l'écume me guide,
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qu'elle fasse de mes angles un serment sans demeure.
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Mais elle taillait la tuffe, habituée au sable,
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aux grains qui cèdent sous la vague et le courant.
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Elle croyait qu'un diamant pouvait être aimable,
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que l'amour s'use et s'arrondit comme un galet blanc.
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Chaque éclat de voix fut un ressac de trop,
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chaque silence un fond marin où l'on s'égare.
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Elle voulait la bague, elle eut les abysses —
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on ne force pas la brillance sous l'eau qui s'effare.
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J'aurais pu être l'anneau de toutes ses traversées,
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le phare à son doigt quand la nuit prend la barre.
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Mais on n'offre pas ses facettes aux marées,
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et le diamant se garde quand les vagues sont barbares.
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Aujourd'hui mes éclats dorment sous le varech,
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loin des doigts impatients, loin des tempêtes tièdes.
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Un jour quelqu'un plongera qui connaît l'eau fraîche,
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qui sait que la beauté se mérite — et qu'on ne cède.
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Et ce jour-là peut-être, je remonterai bague,
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portée par une main qui sait lire les fonds.
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Mais pour l'heure je brille, seul, sous les vagues —
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précieux même en miettes, même là où je me romps.
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The Light to Come
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What we have lost still lives in what we build,
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and every empty hand waits to be filled.
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The sun does not remember yesterday —
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it rises anyway, it rises anyway.
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Explication :
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Ce poème parle de l'espoir comme force silencieuse et obstinée.
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Le premier vers dit que nos pertes ne disparaissent pas — elles se transforment. Ce qu'on a perdu nourrit ce qu'on construit ensuite. Le deuil devient fondation.
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Le deuxième vers inverse l'image du vide. Une main vide n'est pas un manque, c'est une attente. Elle est prête à recevoir.
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Les deux derniers vers portent l'idée centrale : le soleil ne sait rien d'hier. Il n'a pas de mémoire, pas de rancune, pas de fatigue. Il se lève quand même. La répétition insiste — ce n'est pas un miracle, c'est un fait. L'avenir arrive, indifférent au passé. Et c'est précisément cette indifférence qui libère.
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The Dragon Sleeps
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The river wore our sorrow like a crown,
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each spring it rose and drank our children down.
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We knelt before its muddy, ancient throne —
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a dragon fed on flesh and blood and bone.
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Then we, the small, the fragile, dared to dream:
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to catch the monster's throat and hold its scream.
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We carved a wound of concrete in the gorge,
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and in that wound, a new world we would forge.
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The dragon choked. It writhed. It learned to bow.
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Its fury spins in turbines, silent now.
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Where once it swallowed light, it gives it back —
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gold bleeding through the villages once black.
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We tamed the god that ruled us for so long.
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Its heartbeat hums beneath us like a song.
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And children read by lamps where mothers wept,
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for we have woken now — the dragon sleeps.
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