L'Orée des jours J'ai quitté la chrysalide où pourrissait l'ancien nous, laissé ma mue sécher aux ronces de novembre. La soie qui nous liait s'effiloche — et c'est doux, car on ne brûle bien qu'en dispersant ses cendres. L'étiage de nos jours avait tari la source, mais sous le limon noir dormaient des eaux nouvelles. Je creuse dans l'absence et j'y trouve uneourse : le vide n'est qu'un puits qui attend ses margelles. Regarde : à la lisière où finit ce qui fut, l'aurore pose ses doigts de vermeil sur les branches. Je suis le papillon qui ne sait plus son but, mais qui porte en ses ailes la promesse des dimanches. Demain est une barque échouée sur la grève, il suffit d'une vague pour la rendre à la mer. Je hisse ce qui reste et j'en fais une trêve — le ressac emportera ce que j'ai de trop amer.