- 100-year epilogue showing reconstruction and healing - Nation of l'Alliance grows from 120 survivors to 100,000 citizens - Chaos reduced from 100% to 2% - Memorial de la Flamme Éternelle honors 558 fallen heroes - Syris becomes second High Commander, has daughter named Mara - Peace achieved through unity of former enemies - Final message: 'Tant qu'un de nous respire, la flamme brûle' STORY COMPLETE: 12/12 chapters, ~45,000 words Full arc: Division → Alliance → Sacrifice → Unity → Hope
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Chapitre 12 : Flamme Éternelle
I.
Le Sanctuaire d'Or les accueillit dans un silence respectueux.
Cent vingt survivants. Brisés. Ensanglantés. Mais vivants.
Les portes s'ouvrirent. Lyria se tenait là, entourée de ses gardes. Son visage — d'ordinaire impassible — montra une émotion rare.
Tristesse. Respect.
« Vous avez gagné. »
Voss descendit du navire. Lentement. Chaque mouvement douloureux.
« Oui. Mais le prix… »
« Je sais. » Lyria s'inclina. Profondément. « Votre sacrifice sera honoré. À jamais. »
Les civils évacués — trois cents personnes, enfants, vieillards, non-combattants — se précipitèrent.
Pleurs. Embrassades. Questions désespérées.
« Où est mon mari ? »
« Ma sœur, elle… »
« Papa ? PAPA ?! »
Syris vit une petite fille — six ans, peut-être — courir vers lui.
« Où est oncle Theron ? »
Il s'agenouilla. Gorge serrée.
« Il… il est parti. Mais il a sauvé tout le monde. Il est un héros. »
« Quand revient-il ? »
Syris ne put répondre. Il serra la fillette contre lui. Pleura.
Lira le rejoignit, posa une main sur son épaule.
Autour d'eux, des scènes similaires. Douleur. Perte. Mais aussi… gratitude.
Parce qu'ils étaient vivants. Grâce aux morts.
II.
Cette nuit-là, un conseil fut réuni.
Voss. Aldren. Orvek. Syriane. Selka. Les chefs survivants des différentes factions.
Lyria présidait.
« Vous avez détruit les six Seigneurs du Chaos. Et leur armée. » Elle déploya une carte magique. « Les effets sont déjà visibles. »
La carte montrait le continent. Les zones pourpres — celles du Chaos — rétrécissaient. Lentement. Mais visiblement.
« Le Chaos recule. Pour la première fois depuis le Grand Déchirement. » Lyria les regarda. « Vous avez changé le monde. »
« À quel prix ? » murmura Aldren, yeux rouges.
« Le prix de toute victoire véritable. » Lyria posa une main sur son épaule. « Des vies. Mais des vies données librement. Noblement. »
Orvek, bandé de la tête aux genoux, grogna :
« Alors qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On se repose et on attend que d'autres Seigneurs apparaissent ? »
« Non. » Voss se leva. « On reconstruit. Pas juste nos convois. Tout. »
« Comment ? »
« En fusionnant vraiment. Plus de Methalnia. Plus de Carmillon séparé. Plus d'Aethyris isolé. » Elle regarda chaque visage. « On crée quelque chose de nouveau. Une nation. Pas basée sur la race ou la philosophie. Mais sur la survie. L'unité. L'espoir. »
Syriane hocha lentement la tête.
« Les Ailes Grises n'ont plus de foyer. Aethyris nous a exilées. » Elle sourit faiblement. « Autant en construire un nouveau. »
Aldren regarda ses mains — encore tachées de sang.
« Carmillon m'a déclaré traître. Mais… je crois que Mara aurait voulu que je continue. Que je construise. »
« Alors on le fait. » Voss leva une main. « Tous ceux en faveur d'une nation unie. Sans divisions. Sans haine. Votez. »
Tous levèrent la main.
Lyria sourit.
« Alors je vous offre ceci : le Sanctuaire d'Or comme capitale provisoire. Jusqu'à ce que vous construisiez la vôtre. »
« Vous nous donnez votre forteresse ? »
« Je vous offre un refuge. Pour que vous puissiez grandir. » Lyria se leva. « L'Ordre Ancien s'était caché. Vous nous rappelez pourquoi nous devions nous battre. »
Elle tendit la main.
« Bienvenue à la Nation de l'Alliance. »
Voss la serra.
« Merci. »
III.
Les semaines suivantes furent consacrées à la reconstruction.
Physique. Mentale. Émotionnelle.
Des forges furent établies. Mêlant technologie methalienne, magie carmilloise, et design elfique.
Des ateliers mixtes. Plus grands. Plus sûrs.
Orvek et Aldren — maintenant co-chefs du département de Recherche — développèrent de nouvelles armes hybrides. Fusées magiques. Balistes enchantées. Canons de bannissement.
« Pour la prochaine fois », disait Orvek. « Parce qu'il y aura une prochaine fois. »
Mais cette fois, ils seraient prêts.
Des écoles furent créées.
Où des enfants methaliens apprenaient les bases de la magie carmilloise. Où des jeunes elfes apprenaient l'ingénierie. Où tous apprenaient l'histoire — vraie, pas romancée.
L'histoire de la Coalition. Des héros tombés. Des sacrifices consentis.
Theron. Kelven. Marcus. Rena. Jorik. Mara. Corvus. Et les cent soixante-quatorze autres.
Leurs noms furent gravés sur un monument.
Un pilier de pierre blanche. Haut de vingt mètres. Au centre du Sanctuaire.
Le Mémorial de la Flamme Éternelle.
Gravé en lettres d'or :
« Ils se sont battus non pour détruire, mais pour protéger.
Pas pour eux-mêmes, mais pour nous tous.
Leur flamme ne s'éteindra jamais.
Tant que nous nous souvenons. »
Chaque nom. Chaque histoire.
Syris venait là chaque soir. Touchait le nom de Theron. De Mara. De Corvus.
« Vous avez gagné », murmurait-il. « On continue votre œuvre. »
IV.
Trois mois après la bataille, une cérémonie eut lieu.
L'inauguration officielle de la Nation de l'Alliance.
Bannière nouvelle. Pas juste la flamme dorée sur fond noir.
Mais trois symboles entrelacés :
- Une flamme (Methalnia — technologie, liberté).
- Un pentagramme (Carmillon — magie, connaissance).
- Une aile (Aethyris — grâce, vision).
Et au centre : un cercle. L'unité.
Voss fut nommée Haute Commandante. Pas dictateur. Chef élue.
Aldren : Grand Archimage.
Orvek : Maître-Ingénieur.
Syriane : Amiral de la Flotte (nouvelle flotte en construction).
Selka : Commandante de la Garde.
Lyria refusa tout titre officiel. « Je suis juste conseillère. Les vieux comme moi doivent guider, pas gouverner. »
V.
Syris fut promu Capitaine des Éclaireurs.
Pas par choix. Par respect. Pour tout ce qu'il avait fait.
Il accepta. Mais une nuit, il s'assit avec Lira sur les remparts du Sanctuaire.
« Tu te rends compte ? On est… officiels. »
Lira rit.
« Toi, officiel ? L'éclaireur qui se perdait dans le Col des Ossements ? »
« Hé ! C'était une fois ! »
« Trois fois. »
« Détails. » Syris sourit. Puis redevint sérieux. « Tu penses à eux ? Les morts ? »
« Chaque jour. »
« Moi aussi. » Il regarda les étoiles — plus visibles maintenant. Le ciel se clarifiait. « Je me demande… est-ce qu'on a fait le bon choix ? Tant de morts… »
Lira prit sa main.
« Ils ont choisi. Librement. Parce qu'ils croyaient en quelque chose de plus grand. » Elle posa sa tête sur son épaule. « On honore leur mémoire en vivant. En construisant ce pour quoi ils sont morts. »
« Tu as raison. »
« Toujours. »
Ils restèrent là. Main dans la main. Regardant un monde qui guérissait.
Lentement.
Mais sûrement.
VI.
Un an après la bataille.
La Nation de l'Alliance comptait maintenant trois mille âmes.
Des survivants d'autres convois. Des carmillois déserteurs. Des elfes bannis. Des hybrides sans foyer.
Tous accueillis. Tous acceptés.
La première ville permanente fut construite. Pas un convoi mobile. Pas une forteresse isolée.
Une vraie ville. Murs de pierre blanche et de métal poli. Tours elfiques et carmilloises. Forges methalniennes.
Elle fut nommée Nouvelle Aurore.
Parce que c'était un nouveau commencement.
Orvek et Aldren créèrent la première Académie de Fusion.
Où magie et technologie étaient enseignées ensemble. Pas comme ennemies. Comme complémentaires.
Le premier diplômé fut un jeune métalnien nommé Kael — fils d'un des volontaires morts à la bataille.
Il créa un dispositif révolutionnaire : un réacteur hybride. Alimenté par cristaux magiques et éthanol. Dix fois plus puissant que les anciens systèmes.
« Pour mon père », dit-il en le présentant. « Pour qu'ils n'aient pas sacrifié en vain. »
Le réacteur fut installé au cœur de Nouvelle Aurore. Alimentant lumières, forges, défenses.
Symbole d'unité technologique.
VII.
Deux ans après la bataille.
Les zones pourpres avaient rétréci de 40 %.
Des équipes mixtes — methalniennes, carmilloises, elfiques — exploraient les terres reconquises. Nettoyaient les corruptions résiduelles. Plantaient des arbres.
Verts. Vraiment verts.
Syriane mena une expédition vers les anciens territoires d'Aethyris.
Ce qu'elle trouva la brisa.
Le Domaine principal était tombé. Pas au Chaos. À la guerre civile.
Après la défaite d'Elyndra, des factions s'étaient entre-tuées. Pour le pouvoir. Pour l'orgueil.
Ils s'étaient détruits eux-mêmes.
« L'arrogance », murmura Syriane en regardant les ruines. « Nous a tués plus sûrement que le Chaos. »
Elle ramena des survivants. Cinquante elfes. Brisés. Humbles.
« Nous avons besoin d'un foyer », dit leur chef — un vieux général. « Acceptez-vous… des ennemis repentis ? »
Voss les regarda. Puis sourit.
« Nous n'avons pas d'ennemis ici. Juste des alliés qui ne le savent pas encore. »
Ils furent accueillis.
La Nation de l'Alliance grossit encore.
VIII.
Cinq ans après la bataille.
La Nation comptait dix mille âmes.
Trois villes. Cinq convois mobiles (pour l'exploration). Une flotte de quinze navires (construction hybride).
Et surtout : la paix.
Pas parfaite. Des tensions existaient. Methaliens qui méfiaient des sorciers. Elfes qui méprisaient encore certains humains.
Mais… on travaillait dessus.
Des médiateurs furent formés. Des lois égalitaires écrites. Des célébrations communes organisées.
La Fête de la Flamme Éternelle devint annuelle. Chaque année, le jour de la bataille, tous se rassemblaient devant le Mémorial.
Allumaient des lanternes. Chantaient. Pleuraient. Se souvenaient.
Et juraient de continuer.
IX.
Dix ans après la bataille.
Syris et Lira se marièrent.
Cérémonie simple. Sur les remparts de Nouvelle Aurore. Avec vue sur les champs reconquis — verts, fleuris, vivants.
Voss officia. Aldren bénit avec un glyphe de bonheur (carmillois). Syriane chanta un hymne elfique.
Orvek fabriqua les anneaux — mélange de métal methalien et de cristal elfique. « Symbole parfait », grogna-t-il.
Quand ils s'embrassèrent, la foule — mixte, joyeuse — applaudit.
Methaliens. Carmillois. Elfes. Hybrides.
Unis.
Cette nuit-là, Syris et Lira s'assirent sur leur balcon. Regardant les étoiles.
« Tu te souviens ? » dit Lira. « Il y a dix ans. On pensait mourir. »
« Et maintenant, on est mariés. Dans une ville en paix. »
« Fou, non ? »
« Complètement. »
Lira posa une main sur son ventre.
« Syris… je dois te dire quelque chose. »
Il se tourna.
« Quoi ? »
« Je suis enceinte. »
Syris cligna des yeux. Une fois. Deux fois.
Puis sourit. Le sourire le plus large de sa vie.
« Vraiment ? »
« Vraiment. »
Il la serra contre lui. Pleura. De joie.
« Un enfant. Notre enfant. Dans un monde… meilleur. »
« Grâce à eux. » Lira regarda le Mémorial, visible au loin, illuminé. « Grâce aux morts. »
« Oui. » Syris embrassa son front. « On va lui raconter leurs histoires. Tous. Pour qu'ils ne meurent jamais vraiment. »
X.
Quinze ans après la bataille.
Voss, maintenant dans la soixantaine, se tenait devant le Conseil.
« Je démissionne. »
Choc. Protestations.
« Pourquoi ?! »
« Parce que j'ai fait mon travail. » Elle sourit. « La Nation est stable. Prospère. Elle n'a plus besoin d'un chef de guerre. Elle a besoin d'un bâtisseur. »
Elle se tourna vers Syris.
« Toi. »
« Quoi ?! Non ! Je suis juste… »
« Un éclaireur. Oui. Mais tu représentes tout ce qu'on a construit. Métalnien. Marié à une métalnienne. Père d'un enfant né dans la paix. » Elle posa une main sur son épaule. « Tu es l'avenir. »
Le Conseil vota.
Unanimité.
Syris, à trente-cinq ans, devint le second Haut Commandant de la Nation de l'Alliance.
XI.
Vingt ans après la bataille.
Le monde avait changé.
Les zones pourpres : réduites à 10 %. Isolées. Contrôlées.
De nouvelles nations émergeaient. Inspirées par l'Alliance.
Des humains et des elfes travaillant ensemble. Des sorciers et des ingénieurs fusionnant leurs savoirs.
L'ère de la division se terminait.
L'ère de l'unité commençait.
Syris, maintenant Haut Commandant, revenait chaque année au Mémorial.
Avec sa fille — Mara, nommée d'après l'Inquisitrice.
Elle avait dix ans. Curieuse. Intelligente. Étudiante à l'Académie de Fusion.
« Papa, raconte-moi encore. La bataille. »
Syris s'agenouilla, toucha les noms gravés.
« Il était une fois, une coalition. Pas parfaite. Pas invincible. Mais courageuse. »
« Ils se sont battus contre le Chaos. Contre l'impossible. »
« Et ils ont gagné. Pas tous. Beaucoup sont morts. » Il pointa les noms. « Eux. Des héros. Chacun. »
« Tu les connaissais ? »
« Oui. Theron m'a sauvé la vie. Mara m'a protégé. Corvus m'a appris le courage. »
« Pourquoi ils ont fait ça ? »
Syris sourit.
« Pour toi. Pour que tu puisses vivre dans un monde sans peur. »
Mara toucha les noms. Avec respect.
« Je serai digne d'eux. Je promets. »
« Je sais. »
XII.
Cinquante ans après la bataille.
Syris, maintenant vieux, se tenait une dernière fois devant le Mémorial.
Ses cheveux étaient blancs. Son corps fatigué. Mais ses yeux — toujours vifs.
Lira était partie deux ans auparavant. Paisiblement. Dans son sommeil.
Orvek, cinq ans avant. Au milieu d'une expérience (« Comme je le voulais », avait-il dit en mourant).
Aldren, trois ans avant. Entouré de ses élèves.
Syriane, l'année dernière. Dans son navire. Regardant le ciel.
Les vétérans disparaissaient.
Mais leur héritage restait.
La Nation de l'Alliance comptait maintenant cent mille âmes.
Dix villes. Vingt convois. Une flotte de cinquante navires.
Et le Chaos… réduit à 2 %. Confiné. Mourrant.
Syris toucha les noms. Une dernière fois.
« On a réussi. Vous avez gagné. Le monde… est guéri. »
Il sentit une main sur son épaule. Sa fille. Mara. Maintenant adulte. Maître-Ingénieur en chef.
« Papa. Il faut rentrer. »
« Je sais. » Il sourit. « Mais laisse-moi encore une minute. »
Elle hocha, recula.
Syris ferma les yeux.
Et dans le vent, il crut entendre des voix.
Theron. Riant.
Mara. Le grondant gentiment.
Corvus. L'encourageant.
Tous les autres. Chuchotant.
« Bien joué. »
Il sourit.
« Merci. Pour tout. »
Puis il se retourna, marcha vers sa fille.
Vers l'avenir.
XIII. Épilogue Final
Cent ans après la bataille.
Le Mémorial de la Flamme Éternelle se dressait toujours.
Maintenant au cœur d'une métropole. Nouvelle Aurore — capitale de la Nation de l'Alliance — s'étendait sur des kilomètres.
Tours hybrides. Jardins suspendus. Navires volant entre les bâtiments.
Magie et technologie. Fusionnées. Naturelles.
Une enseignante — arrière-petite-fille de Syris — amenait sa classe devant le Mémorial.
Trente enfants. Humains, elfes, hybrides. Sans distinction.
« Qui étaient-ils ? » demanda un enfant.
« Des héros. » Elle toucha les noms. « Ils se sont battus quand c'était impossible. Ils ont cru quand tout espoir semblait perdu. »
« Ils ont gagné ? »
Elle sourit.
« Regarde autour de toi. Cette ville. Cette paix. Toi, moi, nous tous. »
« Nous sommes leur victoire. »
Les enfants touchèrent les noms. Avec respect. Avec gratitude.
Et au sommet du Mémorial, une flamme brûlait.
Alimentée par magie et éthanol. Mélangés.
La Flamme Éternelle.
Jamais éteinte.
Tant que le monde se souvient.
FIN
« L'histoire de Methalnia n'est pas l'histoire d'une nation.
C'est l'histoire de l'unité.
De sacrifices consentis.
D'ennemis devenus frères.
Et d'une flamme qui refuse de mourir.
Tant qu'un de nous respire.
La flamme brûle. »
— Extrait des Chroniques de l'Alliance, An 100 Après la Bataille
Notes de l'Auteur
Methalnia est née comme un exercice de worldbuilding. Elle est devenue l'histoire d'une coalition impossible.
Les personnages sont morts. Beaucoup. Trop.
Mais leur héritage vit.
Dans chaque enfant né en paix.
Dans chaque alliance forgée.
Dans chaque flamme qui refuse de s'éteindre.
Merci d'avoir lu.
— Pour tous ceux qui se battent contre l'impossible.